Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

L’institution du CFCM




A chaque événement tragique commis au nom de l’islam surgit la question
de l’organisation du culte musulman. Le besoin de réformer l’organisation de l’islam de France se fait alors pressant face à une opinion publique en proie à l’émotion. En ligne de mire : le Conseil français du culte musulman (CFCM). On lui reproche son manque de représentativité, ses divisions internes, l’influence étrangère exercée sur la gestion du culte… Le tableau apparaît bien sombre.

La réalité est pourtant plus nuancée. L’emprise des pays étrangers n’est pas si prégnante : moins de 10 mosquées sur 2 500 ont reçu des financements extérieurs et près de 300 imams sur 3 000 (soit 10 %) sont payés par l’étranger. De plus, les quelques imams mis en cause pour le radicalisme de leurs prêches sont socialisés depuis leur jeunesse sur le territoire français. Les imams issus de l’islam dit consulaire sont, eux, légalistes et respectueux des lois du pays d’accueil. Bien qu’il ne fasse pas l’unanimité auprès de ses coreligionnaires, le CFCM est cependant clairement identifié par les cadres des autres obédiences religieuses et par les politiques.

Trente années nous séparent de la première institution représentative (le CORIF, en 1988), mais la situation reste fragile. Toute nouvelle organisation, peu importe sa forme, continuera d’être contestée. Car la plupart des musulmans ne sont pas en demande d’institutions représentatives, au contraire de l’État qui recherche un interlocuteur unique. Aussi est-il plus sage de capitaliser sur l’expérience du CFCM en élargissant sa représentativité (parité, jeunesse, diversité) et en améliorant son fonctionnement interne. Les institutions survivent toujours aux individus. Ce sera aussi une vérité pour les musulmans de France.

Mohammed Colin le Lundi 26 Février 2018


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 8 Juillet 2021 - 17:02 Interdépendance

Mercredi 21 Avril 2021 - 13:15 Libération

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous





Edito

Interdépendance

Mohammed Colin - 08/07/2021
Avec le reflux de l’épidémie, le déconfinement, les départs en vacances, c’est l’après-Covid qui s’annonce ! Un vague sentiment d’après-guerre semble se propager dans l’air. On prophétise l’arrivée de nouvelles années folles. On annonce un rugissement de l’économie. On parle même depuis quelques temps de « Covida », néologisme qui associe Covid et Movida, le nom donné au mouvement culturel espagnol qui a suivi les années d’émancipation de l’après-franquisme. Toutes ces espérances démontrent que le moral est au beau fixe. Elles sont aussi le signe de la résilience face à la crise sanitaire. Et c’est tant mieux, tant que nous n’oublions pas que cette terrible épreuve n’est pas terminée et qu’il nous faut demeurer vigilants comme en témoigne la propagation des variants, mais aussi qu’il nous faut en tirer des leçons. Se recaler avec la nature semble un enseignement indispensable pour le monde d’après. Nous avons bien vu que le virus empruntait les routes de la mondialisation sans avoir besoin de passeport pour passer les frontières. Le renforcement des organisations multilatérales est aussi indispensable. La solidarité envers les pays les moins dotés financièrement est une nécessité absolue, d’autant que leurs systèmes de santé défaillants entraînent des répercussions sur les pays les plus riches. Nous sommes donc interdépendants ! Il faut bien garder cela en tête au moment où les rivalités entre les superpuissances risquent de nous entraîner dans une variante de guerre froide, cette fois entre les États-Unis et la Chine. Le monde d’après a en réalité déjà commencé et le relâchement aussi.