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L’institution du CFCM




A chaque événement tragique commis au nom de l’islam surgit la question
de l’organisation du culte musulman. Le besoin de réformer l’organisation de l’islam de France se fait alors pressant face à une opinion publique en proie à l’émotion. En ligne de mire : le Conseil français du culte musulman (CFCM). On lui reproche son manque de représentativité, ses divisions internes, l’influence étrangère exercée sur la gestion du culte… Le tableau apparaît bien sombre.

La réalité est pourtant plus nuancée. L’emprise des pays étrangers n’est pas si prégnante : moins de 10 mosquées sur 2 500 ont reçu des financements extérieurs et près de 300 imams sur 3 000 (soit 10 %) sont payés par l’étranger. De plus, les quelques imams mis en cause pour le radicalisme de leurs prêches sont socialisés depuis leur jeunesse sur le territoire français. Les imams issus de l’islam dit consulaire sont, eux, légalistes et respectueux des lois du pays d’accueil. Bien qu’il ne fasse pas l’unanimité auprès de ses coreligionnaires, le CFCM est cependant clairement identifié par les cadres des autres obédiences religieuses et par les politiques.

Trente années nous séparent de la première institution représentative (le CORIF, en 1988), mais la situation reste fragile. Toute nouvelle organisation, peu importe sa forme, continuera d’être contestée. Car la plupart des musulmans ne sont pas en demande d’institutions représentatives, au contraire de l’État qui recherche un interlocuteur unique. Aussi est-il plus sage de capitaliser sur l’expérience du CFCM en élargissant sa représentativité (parité, jeunesse, diversité) et en améliorant son fonctionnement interne. Les institutions survivent toujours aux individus. Ce sera aussi une vérité pour les musulmans de France.

Mohammed Colin le Lundi 26 Février 2018


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Edito

L’épreuve

Mohammed Colin - 24/04/2020
Lors des vœux de l’année 2020, aucun chef d’État n’aurait imaginé devoir faire face à une crise sanitaire hors norme et à une paralysie de l’économie mondiale du fait d’un simple micro-organisme. Pourtant, tel est le scénario, digne d’un film catastrophe, qui se produit sous nos yeux en raison du Covid-19. Pourtant, des alertes ont été lancées ces dernières années. En 2015, Bill Gates disait, au cours d’une conférence TED, que l’origine d’une possible catastrophe mondiale ne serait pas nucléaire mais biologique, provoquée par un virus hautement contagieux. Plus tôt encore, la CIA avait pointé, dans un rapport prospectif publié en 2009, le danger d’une pandémie mondiale décrite en ces termes : « L’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement adéquat. » A l’heure du Covid-19, ces mises en garde apparaissent comme des prophéties, qui sont d’ailleurs très bien exploitées par les complotistes de tous bords. Mais dans un contexte où les principales menaces étaient incarnées par le terrorisme islamiste et la prolifération des armes nucléaires, la mise en garde ne fut absolument pas considérée. Impréparés, les Etats et les populations s’adaptent comme ils peuvent à cette nouvelle réalité. Même les religions, caractérisées par des rituels immuables, ont dû tenir compte du nouveau coronavirus. Nul n’oubliera de sitôt les images impressionnantes de la Mosquée sacrée de La Mecque totalement...