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Salamnews

L’amour et le mariage




« MES PARENTS SONT MARIÉS DEPUIS 28 ANS ET ONT 4 ENFANTS.

Depuis plusieurs mois, le comportement de ma mère avec mon père a changé. Elle est distante, elle ne communique plus avec lui comme avant et ne se préoccupe pas de lui. Quand mon père essaye de lui parler, elle s’énerve. Mon père est un bon père de famille et un bon musulman. Elle dit qu’elle ne l’aime pas, que c’est son père qui l’a forcée à se marier et que depuis toutes ces années elle faisait semblant.
 
Mais je ne pense pas qu’une personne puisse faire semblant d’être heureuse pendant si longtemps. Avant, elle avait toujours le sourire et bien qu’ils se soient déjà disputés, comme tous les couples, leur relation a toujours été correcte. Cela me fait de la peine pour mon père, car il n’a rien fait pour mériter ça. Il parle de vendre la maison et de se séparer. Je n’ai pas envie qu’une chose pareille nous arrive. J’aimerais avoir vos conseils, s’il vous plaît. »

Najim, 19 ans

Chams en Nour

En effet, voilà une situation vraiment délicate, mais cela me paraît difficile que des enfants s’immiscent dans la vie intime de leurs parents. J’ai l’impression qu’après vous avoir élevés, vos frères et vous, votre mère souhaite vivre sa vie, retrouver sa liberté. Cela peut se comprendre si elle n’éprouve pas de sentiments pour votre père. Les sentiments ne se commandent pas comme on dit.

C’est à votre père de faire le point avec sa femme pour comprendre s’il s’agit d’un  mouvement passager ou d’un désir profond de changement. Il y a sûrement des secrets entre eux que même vous, leurs fils, ignorez. Dans les problèmes de couple, les responsabilités sont toujours partagées… Vous le découvrirez vous-même bientôt.

Chams en Nour, psychanalyste le Lundi 16 Juillet 2012


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.