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Interdépendance




Avec le reflux de l’épidémie, le déconfinement, les départs en vacances, c’est l’après-Covid qui s’annonce ! Un vague sentiment d’après-guerre semble se propager dans l’air. On prophétise l’arrivée de nouvelles années folles. On annonce un rugissement de l’économie. On parle même depuis quelques temps de « Covida », néologisme qui associe Covid et Movida, le nom donné au mouvement culturel espagnol qui a suivi les années d’émancipation de l’après-franquisme. Toutes ces espérances démontrent que le moral est au beau fixe. Elles sont aussi le signe de la résilience face à la crise sanitaire. Et c’est tant mieux, tant que nous n’oublions pas que cette terrible épreuve n’est pas terminée et qu’il nous faut demeurer vigilants comme en témoigne la propagation des variants, mais aussi qu’il nous faut en tirer des leçons.

Se recaler avec la nature semble un enseignement indispensable pour le monde d’après. Nous avons bien vu que le virus empruntait les routes de la mondialisation sans avoir besoin de passeport pour passer les frontières.

Le renforcement des organisations multilatérales est aussi indispensable. La solidarité envers les pays les moins dotés financièrement est une nécessité absolue, d’autant que leurs systèmes de santé défaillants entraînent des répercussions sur les pays les plus riches. Nous sommes donc interdépendants ! Il faut bien garder cela en tête au moment où les rivalités entre les superpuissances risquent de nous entraîner dans une variante de guerre froide, cette fois entre les États-Unis et la Chine. Le monde d’après a en réalité déjà commencé et le relâchement aussi.

Mohammed Colin le Jeudi 8 Juillet 2021


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Edito

Le temps de la justice

Mohammed Colin - 18/11/2021
Par un hasard du calendrier, les commémorations des attentats du 11 septembre 2001 ont coïncidé avec le début du procès hors norme des attaques du 13 novembre 2015. Deux traumatismes provoqués par la même idéologie mortifère, le jihadisme, mais qui font appel à deux visions différentes pour répandre la justice. Si les profils et les modes d’actions changent avec le temps, le terrorisme islamiste s’inscrit dans le temps long en mettant au défi l’État de droit de nos sociétés. Chaque attentat coche à deux objectifs simultanés tels le fameux effet « kiss-cool ». Outre le fait de semer l’effroi auprès des populations conformément à la nature intrinsèque du terrorisme, le but est aussi de prendre en défaut nos systèmes démocratiques en les conduisant à renier leurs valeurs. La suspicion généralisée, la production de lois et de tribunaux d’exception sont des dommages qui font partie intégrante de leur stratégie. Le second effet serait donc une sorte de pousse à la faute qui soutiendrait l’idée que notre système démocratique n’est pas si vertueux qu’il n’y parait. C’est dans ce sens que la réponse va-t-en-guerre de Bush au Moyen-Orient après le 11-Septembre et son incapacité à traduire, 20 ans après, les inculpés devant un tribunal digne des standards de justice d’un État démocratique constituent de graves erreurs qui profitent aux jihadistes. En France, six ans après l’horreur du 13-Novembre, c’est une autre approche qui nous guide. Celle de la justice encadrée par notre État de droit. Face au déchaînement de violence qui a fait 131 morts, nous répondons par neuf mois d’un procès historique minutieusement préparé dans lequel sont jugés 20 accusés. Il représente une étape importante dans le processus de résilience des victimes directes mais aussi pour la communauté nationale. La captation vidéo entière du procès constituera un matériau d’importance pour la postérité. Une leçon pour les futures générations que le respect de l’Etat de droit doit demeurer notre boussole.