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Indigence




Indigence

 

Le Premier ministre Manuel Valls déclarait sur un ton alarmiste : « Il y a une forme de minorité agissante, des groupes (salafistes) sont en train de gagner la bataille idéologique et culturelle de l’islam en France. »

Ajoutant : « Le débat ne (doit) pas seu lement se faire entre l’islam et la société, mais bien au sein même de l’islam. »

D’abord, rappelons que le niveau de « menace » évoqué est surestimé. Les musul mans de France dans leur majorité ont plutôt tendance à évoluer vers un syncrétisme des courants islamiques, passé au mixeur des convenances personnelles.

Ensuite, reconnaissons que l’influence d’un islam codifié et normatif est bien réelle auprès de nombre de jeunes musulmans, qu’ils soient fragilisés socialement ou en situation de réussite professionnelle. Fort heureusement, le salafisme n’a pas encore remporté la bataille au sein de l’islam de France.

Mais nous devons rester vigilants. Car le plus grand danger est l’état d’indigence dans lequel évolue l’islam de France. Les structures éducatives et religieuses animées par des imams importés mais ne connaissant pas le contexte sociologique de la France ou par des imams français mais payés au lancepierre ne peuvent résister longtemps à l’idéologie du salafisme qui, elle, est financée par les pétrodollars et relayée par la puissance d’Internet.

Pourtant, les initiatives culturelles qui encouragent le débat au sein de l’islam sont bien là. Salamnews, qui a fait du plu ralisme sa ligne éditoriale, est un bel exemple.

Mais, là aussi, l’indigence de l’État fran çais aux innombrables conseillers et consultants bombardés spécialistes de l’islam est patente. Tant est son incapacité à iden tifier et à encourager les acteurs d’une réelle contreoffensive


Mohammed Colin le Vendredi 29 Avril 2016


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Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.