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Éviter le séisme présidentiel




Les apparences sont sauves. Nous avons échappé à la prise par le Front national de plusieurs de nos départements. Désemparés, beaucoup de nos concitoyens au 1er tour des départementales s’étaient livrés à ce parti. D’autres n’ont pas daigné se déplacer mais n’en pensaient pas moins. Cette secousse de grande ampleur annonce pour la prochaine présidentielle la menace d’un séisme politique. 
En effet, avec amertume, il faut reconnaître que la montée de l’extrême droite, depuis sa qualification au 2e tour de l’élection présidentielle de 2002, atteint aujourd’hui un stade de maturité qui reconfigure l’espace politique et met le parti de la famille Le Pen en situation d’exercer le pouvoir. Si cela devait arriver, ce serait une tragédie sans précédent pour le vivre-ensemble depuis Vichy. Nous pouvons éviter une telle situation en nous mobilisant. Il ne s’agit pas de résister ni de se contenter d’une posture défensive. Il faut bel et bien passer à l’offensive.
Il existe des réservoirs immenses de voix qui peuvent se mobiliser en faveur des partis et des candidats républicains. À condition de ne pas monter une partie des citoyens contre une autre sur des questions ethnico-religieuses. Au contraire, nos concitoyens ont besoin de se sentir rassurés face aux défis économiques à l’heure de la mondialisation
et aux bouleversements inédits de leur quotidien. À charge aux politiques d’incarner ce destin collectif et non celui du délitement social. La France de sang et de culture mêlés doit s’assumer comme telle pour se positionner au meilleur dans la
compétition mondiale.


Mohammed Colin le Dimanche 10 Mai 2015


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.