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Éviter le séisme présidentiel




Les apparences sont sauves. Nous avons échappé à la prise par le Front national de plusieurs de nos départements. Désemparés, beaucoup de nos concitoyens au 1er tour des départementales s’étaient livrés à ce parti. D’autres n’ont pas daigné se déplacer mais n’en pensaient pas moins. Cette secousse de grande ampleur annonce pour la prochaine présidentielle la menace d’un séisme politique. 
En effet, avec amertume, il faut reconnaître que la montée de l’extrême droite, depuis sa qualification au 2e tour de l’élection présidentielle de 2002, atteint aujourd’hui un stade de maturité qui reconfigure l’espace politique et met le parti de la famille Le Pen en situation d’exercer le pouvoir. Si cela devait arriver, ce serait une tragédie sans précédent pour le vivre-ensemble depuis Vichy. Nous pouvons éviter une telle situation en nous mobilisant. Il ne s’agit pas de résister ni de se contenter d’une posture défensive. Il faut bel et bien passer à l’offensive.
Il existe des réservoirs immenses de voix qui peuvent se mobiliser en faveur des partis et des candidats républicains. À condition de ne pas monter une partie des citoyens contre une autre sur des questions ethnico-religieuses. Au contraire, nos concitoyens ont besoin de se sentir rassurés face aux défis économiques à l’heure de la mondialisation
et aux bouleversements inédits de leur quotidien. À charge aux politiques d’incarner ce destin collectif et non celui du délitement social. La France de sang et de culture mêlés doit s’assumer comme telle pour se positionner au meilleur dans la
compétition mondiale.


Mohammed Colin le Dimanche 10 Mai 2015


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.