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Euro 2012 : la génération 87 au pouvoir



Oubliée en 2010, la génération 1987 est remise sur les rails par le sélectionneur des Bleus, Laurent Blanc. Karim Benzema, Samir Nasri, Jérémy Ménez et Hatem Ben Arfa doivent incarner le renouveau du football français. À eux quatre, désormais, d’être fantastiques et de confirmer lors de l’Euro 2012, qui se dispute en Pologne et en Ukraine, du 8 juin au 1er juillet. Retour sur les trajectoires contrastées de quatre surdoués.



© FEP
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Hatem Ben Arfa

Le génie

Un surdoué. Un génie. Un artiste. Depuis sa tendre enfance, Hatem Ben Arfa collectionne les qualificatifs dithyrambiques. Pur gaucher virevoltant aux dribbles décoiffants, Hatem est un être aussi talentueux que torturé. Incapable de s’imposer à Lyon ou à Marseille, le joueur le plus doué de la génération championne d’Europe des moins de 17 ans en 2004 revit depuis six mois à Newcastle, en Angleterre. En retrait depuis l’ère Blanc en raison de deux blessures graves, le joueur a réussi une fin de saison tonitruante. Auteur d’un slalom exceptionnel face à Wigan, il a fait passer ses adversaires pour des plots de la DDE. Suffisant pour que Laurent Blanc voie en lui le grain de folie nécessaire à toutes les aventures humaines et sportives. 
Plus que son talent, Hatem, c’est d’abord une histoire pour ceux qui le croise. Raymond Domenech, qui l’a pourtant écarté à deux reprises, est lui aussi sous le charme du Franco-Tunisien : « Hatem Ben Arfa est quelqu’un qui a du génie. Il pourrait être un titulaire indiscutable dans n’importe quelle équipe du monde. Il faut juste qu’il se stabilise et qu’il répète ses performances. » Après avoir raté l’Euro 2008 et le Mondial 2010, l’ancien prodige lyonnais va disputer sa première grande compétition internationale. Si son art de la feinte est  au rendez-vous, Hatem, le gamin de Châtenay-Malabry, risque bel et bien d’épater l’Europe du football. 

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Samir Nasri

Le petit prince

Il a débuté sa carrière sous les habits de la vedette marseillaise. Natif de la cité phocéenne, d’origine algérienne, doué techniquement et meneur de jeu, il aurait pu subir les affres de la comparaison avec Zidane. Il n’en a rien été. Samir est en train de se construire sa propre histoire. Après Arsenal où il a su faire ses preuves en Premier League, il confirme avec City en réalisant une bonne première saison avec les Citizens, nourri de quelques fulgurances.
« Débarrassé » des reliquats des anciens de 1998 et de 2006, mis en confiance par l’absence de Gourcuff, Samir Nasri a gagné la confiance de Laurent Blanc, qui lui offre l’animation offensive des Bleus. À Samir désormais de changer de dimension…


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Jérémy Ménez

Le dynamiteur

Côté droit ou gauche, Jérémy Ménez est un joueur de couloir qui aime provoquer. Crochets courts ou accélérations fulgurantes, le joueur du PSG ne laisse pas indifférent. Irritant ou fantastique,il avait été jusqu’alors non retenu en équipe de France. L’arrivée de Laurent Blanc a changé la donne. Le sélectionneur a donné sa chance à l’ancien Sochalien : « Avec la maturité qu’il a prise, en tant que joueur et en tant qu’homme, il a acquis une certaine régularité. Il est talentueux dans le domaine offensif, et toutes les nations recherchent ce type d’attaquant », explique le champion du monde 1998. Professionnel à 16 ans, passé par la Roma en Italie, Jérémy Ménez pourrait être l’une des belles révélations de l’Euro.

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Karim Benzema

L'indispensable

Laissé pour mort après ses débuts avec le Real Madrid, l’attaquant de l’équipe de France vient de réaliser une saison de très haut niveau avec les « Merengue ». Titulaire aux côtés de Cristiano Ronaldo, le Français fait l’unanimité en Espagne. Une évolution qu’il doit à trois hommes : Zinedine Zidane, en conseiller de l’ombre ; José Mourinho, son entraîneur au Real ; et Laurent Blanc… 
Karim Benzema n’oublie pas que, à l’époque où l’« affaire Zahia » battait son plein, Laurent Blanc avait été l’un de ses plus fervents soutiens. « Je sais qu’il compte sur moi. Je sais que le staff, l’équipe, le coach sont derrière moi, et qu’ils ont confiance en moi, donc moi, sur le terrain, je donne tout », avait-il confié. Depuis, l’ancien Lyonnais a retrouvé sa redoutable efficacité : 33 buts en 58 matchs, toutes compétitions confondues. L’Euro est devenu une étape indispensable, si Karim, 24 ans, veut un jour rejoindre dans le panthéon des grands son idole : le Brésilien Ronaldo.

Nabil Djellit le Lundi 4 Juin 2012


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.