Connectez-vous S'inscrire
Salamnews

En avant toute !




 Au risque de paraître naïfs auprès de nos plus anciens, nous n’avions pas vu venir le coup. Oui, parce qu’ingénus que nous sommes, ce tir a été porté d’un endroit – en l’occurrence le Sénat fraîchement élu et passé à gauche –, sur lequel on ne portait aucun soupçon. Nous pensions, au contraire, que cette  honorable assemblée allait apaiser les humeurs. Alors, de là à imaginer que des sénateurs de gauche – en soumettant les assistantes maternelles  accueillant des enfants chez elles à « une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfant » – surenchérirait une laïcité culturelle et identitaire, davantage à droite même que l’UMP…, il y avait de quoi fumer des produits plus ou moins illicites ! Mais ce qui est à souligner,  c’est la motivation affichée, prétendument pour éviter l’endoctrinement des jeunes esprits, qui a conduit au vote de cette loi, car elle en dit long sur le climat  ambiant. Nous sommes désormais pleinement dans l’ère du soupçon permanent envers celles et ceux qui ont un lien, proche ou lointain, avec l’islam. Si  nous n’y prenons pas garde, ce lien deviendra bientôt un délit en France. Pour le moment, le soupçon est tenace puisqu’il se poursuit jusque dans la sphère privée. Et c’est là une très grande nouveauté que de vouloir instaurer une neutralité dans le foyer familial, dont l’espace de vie est tout sauf neutre. Avec cette loi, on pourrait alors exiger de décrocher la photo de la figure paternelle en voyage à La Mecque ou celle de la communion du petit dernier, et, pourquoi pas,
de les remplacer par un portrait de Marianne pour s’assurer d’une loyauté 100 % républicaine ! 

Mohammed Colin le Mardi 7 Février 2012


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 24 Mars 2022 - 16:04 Une drôle de campagne

Jeudi 18 Novembre 2021 - 18:19 Le temps de la justice

Edito | Tête d'affiche | Une Ville, une mosquée | Beauté | Business | Sport | De vous à nous





Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.