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 Au risque de paraître naïfs auprès de nos plus anciens, nous n’avions pas vu venir le coup. Oui, parce qu’ingénus que nous sommes, ce tir a été porté d’un endroit – en l’occurrence le Sénat fraîchement élu et passé à gauche –, sur lequel on ne portait aucun soupçon. Nous pensions, au contraire, que cette  honorable assemblée allait apaiser les humeurs. Alors, de là à imaginer que des sénateurs de gauche – en soumettant les assistantes maternelles  accueillant des enfants chez elles à « une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfant » – surenchérirait une laïcité culturelle et identitaire, davantage à droite même que l’UMP…, il y avait de quoi fumer des produits plus ou moins illicites ! Mais ce qui est à souligner,  c’est la motivation affichée, prétendument pour éviter l’endoctrinement des jeunes esprits, qui a conduit au vote de cette loi, car elle en dit long sur le climat  ambiant. Nous sommes désormais pleinement dans l’ère du soupçon permanent envers celles et ceux qui ont un lien, proche ou lointain, avec l’islam. Si  nous n’y prenons pas garde, ce lien deviendra bientôt un délit en France. Pour le moment, le soupçon est tenace puisqu’il se poursuit jusque dans la sphère privée. Et c’est là une très grande nouveauté que de vouloir instaurer une neutralité dans le foyer familial, dont l’espace de vie est tout sauf neutre. Avec cette loi, on pourrait alors exiger de décrocher la photo de la figure paternelle en voyage à La Mecque ou celle de la communion du petit dernier, et, pourquoi pas,
de les remplacer par un portrait de Marianne pour s’assurer d’une loyauté 100 % républicaine ! 

Mohammed Colin le Mardi 7 Février 2012


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.