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Du bon sens républicain




Du bon sens républicain
Ce n’est un secret pour personne, à Salamnews nous défendons une laïcité ouverte et inclusive, telle qu’elle fut votée en 1905. C’est donc notre héritage et nous nous efforçons de le vivre en ce début de XXIe siècle. Alors, oui, nous nous réjouissons de toute action visant à promouvoir les valeurs de la laïcité. Rappelons que la laïcité avait pour objectif de « neutraliser» et de pacifier l’espace public ainsi que les espaces d’enseignement où s’exerçait une influence considérable de l’Église catholique alors toute-puissante. Les minorités religieuses de l’époque, protestantes, juives mais aussi catholiques progressistes, ont appuyé cette séparation des Églises et de l’État.
La charte de la laïcité aurait donc pu totalement nous réjouir. Mais, à vrai dire, nous avons quelque gêne. Depuis une vingtaine d’années, ce principe de vie altruiste a été investi par les idées de l’extrême droite tel un cheval de Troie. Ces idées morbides font croire à l’opinion publique que l’islam de France mettrait en danger les fondements de l’État républicain. Hier, la laïcité était un vecteur de rassemblement de la nation et de protection de la conscience des minorités mais, aujourd’hui, sous influence de l’extrême droite, cette laïcité orientée tente de nous faire virer à la discorde et à la mise au pilori des citoyens de cultures musulmanes.
C’est donc non pas une laïcité névrosée que nous voulons, mais une laïcité apaisée, qui puisse donner du sens à notre triptyque républicain : Liberté, Égalité, Fraternité !
Or force est de reconnaître qu’aujourd’hui l’égalité, aussi bien dans l’acquisition des savoirs de base que dans l’accès à un emploi et au logement (quand même le capital économique est présent) n’est absolument pas assurée.

La Redaction le Lundi 16 Septembre 2013


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.