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Salamnews

Dépasser la peur




Ce vendredi 13 novembre 2015, la folie meurtrière a de nouveau frappé. Tuant à Paris et à Saint-Denis 130 personnes de 19 nationalités différentes. À travers ces personnes innocentes venues se divertir après une semaine de labeur, ce n’est pas seulement l’engagement militaire de la France qu’on a prétendument voulu condamner, c’est aussi notre modèle du vivre-ensemble, notre mode de convivialité que l’on a souhaité ébranler. 

Alors, oui, nous avons été durement secoués ! Y compris les citoyens de culture musulmane. En premier lieu, parce qu’ils font bel et bien partie intégrante de la communauté nationale et subissent profondément la douleur infligée par ces barbares fanatiques. En second lieu, parce qu’ils se sentent les otages de ces imposteurs qui brandissent l’islam comme porte-étendard de leur horrible entreprise.

Face à cette tragédie, des réactions porteuses d’espoir émanent de partout, que l’on soit croyant ou pas. L’élan de solidarité a pris le pas sur la peur. Au niveau international, il a été réconfortant de voir se répandre cette prière sur les réseaux sociaux autour du hashtag #prayforparis repris d’ailleurs par les musulmans du monde entier. 

Enfin, chez les cadres associatifs musulmans, face à leur embarras causé par ces atrocités commises au nom de leur religion, commence à émerger une ferme volonté commune de trouver des solutions pour lutter contre la radicalisation des plus jeunes et refonder une théologie contextualisée. Le CFCM a su diffuser auprès des mosquées de France, à l’occasion du sermon du vendredi qui a suivi les attentats, un appel au rejet catégorique et sans ambiguïté du terrorisme. Restons unis. Dépassons nos peurs. 


Mohammed Colin le Vendredi 4 Décembre 2015


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.