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Coupables à tout prix




Coupables à tout prix
Le grand danger, en cette période de crise, est la recherche de coupables. Si cette activité a toujours été le fonds de commerce des partis xénophobes comme le Front national, ce qui change aujourd’hui, c’est l’adhésion de plus en plus massive à ces thèses. En panne de programme politique, les partis traditionnels prônent un discours simpliste expliquant la crise de la France par le trop-plein d’étrangers sur le sol national et l’insécurité qui serait liée à l’immigration : des idées qui séduisent, y compris dans la société « bien-pensante ».
 
Outre le fait de saper les valeurs d’accueil de la France (sic), ces idées reçues nous mènent vers un repli malsain. L’Histoire nous enseigne où nous conduit cette chasse aux coupables. Le pain de personne n’a été volé ! On pourrait voir un pied de nez à ceux qui se réclament des thèses frontistes, à travers la victoire au concours de la meilleure baguette de Paris : l’heureux gagnant est d’origine tunisienne. À ce titre, il livrera pendant un an l’Élysée. Cet événement est signifiant. Le métier de boulanger est une activité difficile ; il faut être à pied d’oeuvre dès 3 heures du matin, sous la chaleur des fourneaux. De plus en plus de boulangers sont d’origine extraeuropéenne comme beaucoup d’autres métiers réputés ardus.
 
L’immigration est en réalité nécessaire, car elle pourvoit en main-d’oeuvre des secteurs d’emploi que les nationaux refusent à cause de la pénibilité du travail. Sans oublier que face à une population vieillissante, les descendants d’immigrés, avec le dynamisme de leur jeunesse et leur esprit entrepreneurial, apportent leur contribution à une France qui ne peut plus nier une partie d’elle-même : la richesse de sa diversité. Pour l’heure, il serait bien de se serrer les coudes.


Mohammed Colin le Lundi 10 Juin 2013


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.