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Coupables à tout prix




Coupables à tout prix
Le grand danger, en cette période de crise, est la recherche de coupables. Si cette activité a toujours été le fonds de commerce des partis xénophobes comme le Front national, ce qui change aujourd’hui, c’est l’adhésion de plus en plus massive à ces thèses. En panne de programme politique, les partis traditionnels prônent un discours simpliste expliquant la crise de la France par le trop-plein d’étrangers sur le sol national et l’insécurité qui serait liée à l’immigration : des idées qui séduisent, y compris dans la société « bien-pensante ».
 
Outre le fait de saper les valeurs d’accueil de la France (sic), ces idées reçues nous mènent vers un repli malsain. L’Histoire nous enseigne où nous conduit cette chasse aux coupables. Le pain de personne n’a été volé ! On pourrait voir un pied de nez à ceux qui se réclament des thèses frontistes, à travers la victoire au concours de la meilleure baguette de Paris : l’heureux gagnant est d’origine tunisienne. À ce titre, il livrera pendant un an l’Élysée. Cet événement est signifiant. Le métier de boulanger est une activité difficile ; il faut être à pied d’oeuvre dès 3 heures du matin, sous la chaleur des fourneaux. De plus en plus de boulangers sont d’origine extraeuropéenne comme beaucoup d’autres métiers réputés ardus.
 
L’immigration est en réalité nécessaire, car elle pourvoit en main-d’oeuvre des secteurs d’emploi que les nationaux refusent à cause de la pénibilité du travail. Sans oublier que face à une population vieillissante, les descendants d’immigrés, avec le dynamisme de leur jeunesse et leur esprit entrepreneurial, apportent leur contribution à une France qui ne peut plus nier une partie d’elle-même : la richesse de sa diversité. Pour l’heure, il serait bien de se serrer les coudes.


Mohammed Colin le Lundi 10 Juin 2013


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.