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Contre le nettoyage religieux




Contre le nettoyage religieux

Décidément, l’islam, religion millénaire et planétaire, n’aura pas fini d’être l’otage de groupes sectaires en proie au fanatisme et au délire de toutes sortes. À l’heure des réseaux sociaux et de la démocratisation tous azimuts des moyens de communication, cette religion sans clergé est plus que jamais vulnérable à toutes les formes d’impostures. N’importe quel déséquilibré mental peut se servir du nom de l’islam pour assassiner des gens innocents tout en prenant les 1,5 milliard de musulmans en otages. C’est pourquoi il est indispensable que les institutions musulmanes de se saisissent de la parole pour réaffirmer certaines vérités et confondre la duperie. Nous saluons dans cet édito l’initiative du CFCM de s’être engagé publiquement en faveur des chrétiens d’Orient et d’avoir dénoncé leurs massacres. Mais il faut le dire, c’était le minimum que l’on pût faire.
Car ce qui se passe en Irak est une ignoble caricature. Une bouffonnerie macabre. Mais nous, musulmans de France, devons aller plus loin et nous intéresser aux injustices commises à l’égard des minorités, chrétiennes ou autres, dans les pays musulmans ordinaires. Que ce soit les coptes d’Égypte, les chrétiens du Pakistan ou ceux du Golfe, nous, musulmans de France, devons affirmer notre solidarité et nous soulever contre ces vexations quotidiennes qui aboutiront forcément à un nettoyage religieux. Ces traitements ignobles sont contraires aux valeurs musulmanes et républicaines que nous portons en nous. S’engager pour le respect des chrétiens d’Orient donnerait beaucoup plus de sens au combat à mener contre l’islamophobie dans nos sociétés sécularisées.


Mohammed Colin le Mercredi 1 Octobre 2014


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.