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Contre le nettoyage religieux




Contre le nettoyage religieux

Décidément, l’islam, religion millénaire et planétaire, n’aura pas fini d’être l’otage de groupes sectaires en proie au fanatisme et au délire de toutes sortes. À l’heure des réseaux sociaux et de la démocratisation tous azimuts des moyens de communication, cette religion sans clergé est plus que jamais vulnérable à toutes les formes d’impostures. N’importe quel déséquilibré mental peut se servir du nom de l’islam pour assassiner des gens innocents tout en prenant les 1,5 milliard de musulmans en otages. C’est pourquoi il est indispensable que les institutions musulmanes de se saisissent de la parole pour réaffirmer certaines vérités et confondre la duperie. Nous saluons dans cet édito l’initiative du CFCM de s’être engagé publiquement en faveur des chrétiens d’Orient et d’avoir dénoncé leurs massacres. Mais il faut le dire, c’était le minimum que l’on pût faire.
Car ce qui se passe en Irak est une ignoble caricature. Une bouffonnerie macabre. Mais nous, musulmans de France, devons aller plus loin et nous intéresser aux injustices commises à l’égard des minorités, chrétiennes ou autres, dans les pays musulmans ordinaires. Que ce soit les coptes d’Égypte, les chrétiens du Pakistan ou ceux du Golfe, nous, musulmans de France, devons affirmer notre solidarité et nous soulever contre ces vexations quotidiennes qui aboutiront forcément à un nettoyage religieux. Ces traitements ignobles sont contraires aux valeurs musulmanes et républicaines que nous portons en nous. S’engager pour le respect des chrétiens d’Orient donnerait beaucoup plus de sens au combat à mener contre l’islamophobie dans nos sociétés sécularisées.


Mohammed Colin le Mercredi 1 Octobre 2014


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Edito

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Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.