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Confidences de Nassima Chabane



Ambassadrice de la musique arabo-andalouse, la chanteuse Nassima Chabane prône l’authenticité et la générosité aussi bien dans son art que dans son quotidien. Plus que des secrets de beauté, une véritable leçon de vie…


Produits © D. R.
Produits © D. R.

Votre premier geste beauté de la journée ?
 
Une tartine d’huile et de miel en petit déjeuner. J’achète ces produits au gré de mes concerts, quelque part entre la Kabylie, Tlemcen ou le Maroc. Le miel pur est un excellent anti-inflammatoire naturel pour la gorge. J’aime manger à l’ancienne, en privilégiant le végétal à l’animal aussi bien pour garder ma ligne que pour suivre une certaine spiritualité en puisant dans les aliments prophétiques.

Dans votre salle de bains, retrouve-t-on aussi beaucoup d’ingrédients naturels ?
 
J’utilise l’huile d’argan ou d’olive [1] en masque pour le visage pour hydrater et assouplir ma peau. Je me rince le visage à l’eau de rose [2] pour ses vertus anticalcaire et apaisante. Le citron est parfait pour éclaircir et adoucir le visage, les coudes et les genoux. Si j’ai le temps, je me concocte une purée d’avocat [3] pour un masque facial et le cou et quelques tranches de concombre sur les yeux.

Et pour le corps, quels sont vos secrets d’antan ?

Avant de faire le gommage au gant de crin, je rajoute au savon noir [4] du henné naturel en poudre et du jus de citron pour apporter de la douceur et un hâle naturel. Ce savon débarrasse le corps de tous les corps gras pour préparer au gommage. Après le bain, je me parfume à l’huile de musc, qui satine divinement la peau. 

Vous octroyez-vous des pauses bien-être en dehors de votre salle de bains ?
 
Je ne peux pas me passer du hammam [5], même au fin fond du désert. Pour moi, c’est comme passer une après-midi au paradis, à la rencontre des femmes de la région. C’est tout un rituel, une spiritualité, j’entre dans le noyau, le nombril, l’intimité des femmes. Je parle et chante avec elles. Il y a une acoustique formidable, propices aux confidences. C’est mon bien-être de la peau et de l’esprit.

En quoi le chant participe-t-il à votre bien-être au quotidien ?

Chant et santé sont indissociables, puisqu’il s’agit avant tout de savoir bien respirer par l’abdomen comme les nourrissons. Le stress du quotidien nous fait oublier cette respiration primaire, essentielle à l’organisme. Et puis chanter, c’est aussi une thérapie pour moi, mes élèves et ceux qui viennent m’écouter. Un échange exceptionnel vers l’autre, vrai et authentique. 

Est-ce qu’il vous arrive de vous maquiller ?

Je ne me sépare jamais de mon khôl [6], qui est un excellent antiseptique pour les yeux. On l’utilisait avant sur les bébés à défaut de sérum physiologique. Sur scène, je me poudre pour ne pas « claquer », c’est-à-dire pour éviter de briller sous les lumières. Un peu de rouge à lèvres et voilà !

Qu’est-ce qu’une femme belle, selon vous ?
 
Bien sûr qu’on doit paraître ; mais ce qui prime vraiment, c’est la beauté intérieure. Je préfère dégager quelque chose plutôt qu’être belle et lisse. Pour moi, la chanteuse Warda Al Jazairia en est le parfait exemple.


Nassima Chabane prépare deux albums : Harmonies spirituelles et Chants des femmes d’Algérie. Voir les dates de ses prochains concerts sur : www.nassima-chabane.com
 

Karima Peyronie le Vendredi 1 Mars 2013


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Edito

Interdépendance

Mohammed Colin - 08/07/2021
Avec le reflux de l’épidémie, le déconfinement, les départs en vacances, c’est l’après-Covid qui s’annonce ! Un vague sentiment d’après-guerre semble se propager dans l’air. On prophétise l’arrivée de nouvelles années folles. On annonce un rugissement de l’économie. On parle même depuis quelques temps de « Covida », néologisme qui associe Covid et Movida, le nom donné au mouvement culturel espagnol qui a suivi les années d’émancipation de l’après-franquisme. Toutes ces espérances démontrent que le moral est au beau fixe. Elles sont aussi le signe de la résilience face à la crise sanitaire. Et c’est tant mieux, tant que nous n’oublions pas que cette terrible épreuve n’est pas terminée et qu’il nous faut demeurer vigilants comme en témoigne la propagation des variants, mais aussi qu’il nous faut en tirer des leçons. Se recaler avec la nature semble un enseignement indispensable pour le monde d’après. Nous avons bien vu que le virus empruntait les routes de la mondialisation sans avoir besoin de passeport pour passer les frontières. Le renforcement des organisations multilatérales est aussi indispensable. La solidarité envers les pays les moins dotés financièrement est une nécessité absolue, d’autant que leurs systèmes de santé défaillants entraînent des répercussions sur les pays les plus riches. Nous sommes donc interdépendants ! Il faut bien garder cela en tête au moment où les rivalités entre les superpuissances risquent de nous entraîner dans une variante de guerre froide, cette fois entre les États-Unis et la Chine. Le monde d’après a en réalité déjà commencé et le relâchement aussi.