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Avec le sou




Avec le sou
L’été 2016 fut terrible. Le sang de nos concitoyens a coulé sur l’autel du fanatisme religieux. Personne ne fut épargné à Nice, femmes, enfants, hommes de tous horizons, jusqu’au prêtre lâchement exécuté à Saint-Étienne-du-Rouvray. Notre fête nationale fut endeuillée. Outre les vies volées, les corps meurtris, l’ennemi a souhaité atteindre les symboles de notre vivre-ensemble. Et par-dessus tout à nous diviser.

La polémique du burkini qui a mis mal à l’aise les Français de culture musulmane, y compris ceux qui l’abhorrent, a dû réjouir au plus haut point les stratèges de Daesh. Rien de mieux que de scinder la société française et de générer de la frustration et de la colère pour enrôler des esprits faibles. Nous devons faire preuve d’intelligence et de discernement pour lutter contre le terrorisme d’un genre nouveau et ne pas, au contraire, l’alimenter indirectement.

La réactivation de la Fondation des œuvres de l’islam de France est en ce sens une bonne nouvelle. Annoncée en grande pompe en 2005 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, elle n’a jamais pu fonctionner pour finir par tomber aux oubliettes. Il aura fallu ce contexte d’urgence pour prendre conscience du danger que représente un islam uniquement dépendant du financement étranger. Et encore pire : un islam de France sans le sou.

Alors faisons fi de la polémique à propos de la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la présidence de cette fondation. Il n’est pas illégitime, à moins de vouloir à tout prix un musulman. Tirons-en une opportunité ! Cette personnalité apparait, en réalité, comme étant un véritable atout de confiance auprès des bailleurs de fond face à une opinion publique toujours plus suspicieuse à l’égard du fait musulman.

Mohammed Colin le Mardi 13 Septembre 2016


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Edito

Interdépendance

Mohammed Colin - 08/07/2021
Avec le reflux de l’épidémie, le déconfinement, les départs en vacances, c’est l’après-Covid qui s’annonce ! Un vague sentiment d’après-guerre semble se propager dans l’air. On prophétise l’arrivée de nouvelles années folles. On annonce un rugissement de l’économie. On parle même depuis quelques temps de « Covida », néologisme qui associe Covid et Movida, le nom donné au mouvement culturel espagnol qui a suivi les années d’émancipation de l’après-franquisme. Toutes ces espérances démontrent que le moral est au beau fixe. Elles sont aussi le signe de la résilience face à la crise sanitaire. Et c’est tant mieux, tant que nous n’oublions pas que cette terrible épreuve n’est pas terminée et qu’il nous faut demeurer vigilants comme en témoigne la propagation des variants, mais aussi qu’il nous faut en tirer des leçons. Se recaler avec la nature semble un enseignement indispensable pour le monde d’après. Nous avons bien vu que le virus empruntait les routes de la mondialisation sans avoir besoin de passeport pour passer les frontières. Le renforcement des organisations multilatérales est aussi indispensable. La solidarité envers les pays les moins dotés financièrement est une nécessité absolue, d’autant que leurs systèmes de santé défaillants entraînent des répercussions sur les pays les plus riches. Nous sommes donc interdépendants ! Il faut bien garder cela en tête au moment où les rivalités entre les superpuissances risquent de nous entraîner dans une variante de guerre froide, cette fois entre les États-Unis et la Chine. Le monde d’après a en réalité déjà commencé et le relâchement aussi.