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Au sud, il fait chaud…




Au sud, il fait chaud…
Commençons par l’affaire DSK, dont la seule certitude que nous avons à l’instant où sont écrites ces lignes est que deux vies humaines sont brisées. Le propos ici n’est pas de deviser sur les culpabilités. Laissons faire la justice américaine. Le seul fait intéressant, c’est la levée d’un coin du voile sur l’existence de relations machistes d’une violence insoupçonnée au sein de nos classes dirigeantes. Des années durant, des associations dites féministes nous expliquaient que le machisme vaincu partout ailleurs (sic) trouvait refuge dans les quartiers populaires (c’est un peu le sud des pays développés) sous les auspices de petits mecs devenus ayatollah. C’est donc un cinglant démenti à tous ceux et celles qui ont voulu culturaliser la question du genre. Le machisme gangrène tous les milieux sociaux.

Un peu plus au sud s’est levé depuis le 15 mai, à la Puerta del Sol, un mouvement de protestation porté par les jeunes Espagnols victimes principalement du mal-logement et du chômage de masse qui n’épargnent personne, y compris les plus diplômés. Ils ont vite été rejoints par la jeunesse grecque et portugaise en proie aux mêmes maux. Ce mouvement nommé « Démocratie réelle maintenant » dit s’être inspiré du Printemps arabe qui a libéré les peuples – situés encore plus au Sud – de leurs autocrates, soutenus hier par les pays du Nord. Ils ont en commun une exigence morale d’enrayer la corruption des gouvernants ; vient ensuite l’exigence sociale d’une répartition plus égalitaire des richesses nationales.

Vous aurez remarqué qu’il fait très chaud au Sud, mais qu’on respire un air tout aussi caniculaire au Nord.

Mohammed Colin le Lundi 13 Juin 2011


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.