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Abd Al Malik: « C’est l’islam qui m’a fait aimer la République et mon pays, la France »




Bio Express

Né Régis Fayette-Mikano le 14 mars 1975, de parents congolais, Abd Al Malik a grandi à Neuhoff, quartier de Strasbourg. Le préado flirte avec la petite délinquance.
Sauf que le gamin a un double visage, « délinquant, le soir, et bon élève, la journée ». À 15 ans, Régis découvre l’islam et devient Abd Al Malik. Il rejoint le  mouvement tabligh et s’investit dans son groupe de rap qu’il a cofondé, les NAP (New African Poets). Le Tabligh le somme de cesser la musique, il quitte ce mouvement religieux. En 1999, sa rencontre avec Sidi Hamza al-Qâdiri al-Boutchichi, au Maroc, achève de lui faire embrasser le soufisme. Auparavant, il a épousé la chanteuse Wallen. Leur fils naît en 2001. Premier album solo et fruit de son cheminement spirituel, Le face-à-face des coeurs, en 2004, prône un islam tolérant.
Qu’Allah bénisse la France (Éd. Albin Michel), son livre autobiographique, s’en fait l’écho. En 2006, Gibraltar est double disque d’or. Deux ans plus tard, Dante  s’ouvre sur un duo avec Juliette Gréco. Lauréat des Victoires de la musique en 2007, 2008 et 2009, des prix Constantin et de l’Académie Charles-Cros pour Gibraltar, Abd Al Malik est fait chevalier des arts et des lettres en 2008.
Il publie son deuxième ouvrage en 2010, La Guerre des banlieues n’aura pas lieu (Éd. du Cherche-Midi), véritable plaidoyer pour un vivre-ensemble qui n’exclu  pas les citoyens de banlieue.

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Propos recueillis par Faïza Ghozali le Lundi 1 Novembre 2010

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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.