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Salamnews

70 ans




Les 70 années de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Celle-ci reste cet horizon moral de notre temps, comme le dit si bien Robert Badinter, l’ancien ministre de la Justice.
Mais, dans la réalité, ces valeurs sont quotidiennement soumises à rude épreuve. Les politiques de plus en plus répressives, sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’utilisation des armes de guerre contre les populations civiles, les camps d’internement comme ceux des Ouighours, en Chine, ou la persécution des Rohingyas, en Birmanie, illustrent l’affaiblissement croissant des droits humains à travers le monde.
La montée des extrêmes droites et autres partis populistes dans les principales démocraties risque, hélas, d’amplifi er le mouvement. Sans parler du dérèglement climatique, qui pousse des millions d’individus sur les dangereuses routes de l’exil, où la vie humaine ne vaut pas grand-chose.
D’ailleurs, le regretté Stéphane Hessel, celui qui participa comme témoin privilégié à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l’homme, confi a il y a quelques années à Salamnews, avec un certain réalisme : « Le merveilleux programme de 1948 n’est encore qu’un programme… Faute de ressources financières pour certains pays et faute de soutiens politiques des gouvernements pour d’autres. » Il faudra donc à ce réalisme de la raison y associer l’optimisme de la volonté pour tenter
d’inverser la tendance.

Mohammed Colin le Lundi 12 Novembre 2018


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Edito

Stop à la confusion

Mohammed Colin - 28/10/2019
Trente années de débats sur la laïcité qui semblent jamais n’en finir. Tel le serpent de mer, le voile alimente très régulièrement les débats dans les colonnes de nos journaux, sur nos écrans de télévision et nos dîners en ville. Pourtant, l’architecture de la laïcité repose sur deux principes simples rappelés très justement par le Premier ministre Edouard Philippe : « la liberté de croire ou de ne pas croire » et « la neutralité absolue des pouvoirs publics s’agissant de faits religieux ». Le reste ne serait que nuances d’interprétation et elles ont parfois tendance à faire dire tout et son contraire aux fameux principes cités plus haut. Ceux et celles qui, aujourd’hui, font valoir de nouvelles lois d’interdiction des signes religieux établissent délibérément des confusions sur le principe de séparation des Eglises et de l’Etat inscrit dans notre Constitution. Raison pour laquelle il est nécessaire de marteler que la laïcité est avant tout un principe de liberté, du culte et de la conscience pour chaque citoyen. Confondre l’Etat et ses fonctionnaires avec la société et les usagers des services publics, ce n’est plus possible. Ces confusions instrumentalisées à des fins politiques désignent le mouton noir : une femme (encore une femme) qui, en portant un voile, refuserait les règles du jeu commun. Faux si nous nous contentons de la simple lecture des deux principes. L’Etat autorise une maman voilée à accompagner ses enfants lors d’une sortie de classe, comme le stipule un arrêt du Conseil d’Etat en 2013. Le plus grave, c’est que ces confusions, qui entrainent de sempiternelles polémiques, produisent de la toxicité au sein de notre tissu social en dressant les gens les uns contre les autres et, au final, renforcent les éléments les plus archaïques au sein de notre société, c’est-à-dire les agents du communautarisme de tout bord, qu’ils soient d’extrême droite ou issus du rang des musulmans identitaires. Totalement contre-productif.