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10 ans après




Une décennie déjà s’est écoulée depuis l’effroyable événement du 11 septembre 2001, et a fait entrer dans le XXIe siècle toute une humanité, dont certains essayistes n’avaient cessé de dire, depuis la chute du mur de Berlin, qu’elle était sortie de l’Histoire.

Mais la fulgurance de l’événement a ruiné cette vision du monde au profit de leurs contradicteurs, qui au vieil affrontement du bloc Est-Ouest ont substitué le choc des civilisations. Les conflits entre les aires culturelles (bloc occidental, bloc arabo-musulman, bloc asiatique…) étaient désormais devenus le moteur de l’Histoire. Et Samuel Huntington, le principal fondateur de cette théorie, ne pouvait souhaiter meilleur événement (mettant en scène le bloc musulman contre le bloc occidental) pour en tirer une puissante illustration de sa lecture des relations internationales.

Rappelons que ce fut le premier événement à avoir été médiatisé à 360 degrés (TV, radio, presse, Web), sans oublier le rôle de la téléphonie mobile qui, en enregistrant les dernières minutes de conversations des victimes avec leurs proches, a eu pour rôle d’accentuer une dramaturgie vécue planétairement.

Passés le moment de stupeur et le choc émotionnel de ces attaques sur le sol américain, nous nous sommes progressivement rendu compte qu’Al Qaida n’avait jamais représenté un bloc culturel dans lequel se référaient les musulmans de toutes les contrées du monde. L’idée était d’autant plus saugrenue que, comme le rappelle Gilles Kepel, Al Qaida a peu à peu non seulement perdu les masses arabes mais surtout incarné l’échec de l’islam politique. Les révolutions arabes du printemps 2011 ont confirmé ces analyses.

Mohammed Colin le Jeudi 1 Septembre 2011


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Edito

Une drôle de campagne

Mohammed Colin - 24/03/2022
On se souvient de la mise en garde d’Emmanuel Macron adressée en 2017 à Vladimir Poutine contre les actions russes de déstabilisation des élections françaises. Seulement 15 jours après son entrée en fonction à l’Élysée, Macron avait invité le président russe au château de Versailles sous le prétexte d’une exposition consacrée à Pierre le Grand afin d’amorcer une forme de détente tout en y abordant les sujets qui fâchent dont l’ingérence russe, la Syrie et l’Ukraine. Cinq ans plus tard, c’est encore la Russie qui vient semer la zizanie dans la campagne présidentielle, non pas cette fois-ci, sauf révélation ultérieure, par des « organes d’influence » et des cyberattaques mais par la guerre sur un Vieux continent marqué par les affres de deux guerres mondiales. Mais avant que la guerre en Ukraine ne vienne « percuter notre vie démocratique et la campagne électorale » selon les mots du chef de l’État, on voyait bien que depuis des mois, dans le contexte de crise sanitaire, la campagne était embourbée. De nombreux sondages montrent le désintérêt des Français. La présidentielle arrive seulement en 5e position des sujets abordés par les Français avec leurs proches, à domicile ou au travail ; une chute de 26 points par rapport à 2017 où l’on se remémore très bien les grands thèmes débattus comme la moralisation de la vie politique, le pouvoir d’achat, le Frexit. Là, rien ne semble imprimer dans l’opinion publique, pas même les propositions d’Eric Zemmour. Il aura peut-être fallu la guerre et son cortège de folies pour réveiller les Français et la vieille Europe. Ce qui est sûr, c’est que le prochain président français devra avoir le cuir suffisamment épais pour faire face aux brutalités croissantes de cette nouvelle époque.