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Salamnews

10 ans après




Une décennie déjà s’est écoulée depuis l’effroyable événement du 11 septembre 2001, et a fait entrer dans le XXIe siècle toute une humanité, dont certains essayistes n’avaient cessé de dire, depuis la chute du mur de Berlin, qu’elle était sortie de l’Histoire.

Mais la fulgurance de l’événement a ruiné cette vision du monde au profit de leurs contradicteurs, qui au vieil affrontement du bloc Est-Ouest ont substitué le choc des civilisations. Les conflits entre les aires culturelles (bloc occidental, bloc arabo-musulman, bloc asiatique…) étaient désormais devenus le moteur de l’Histoire. Et Samuel Huntington, le principal fondateur de cette théorie, ne pouvait souhaiter meilleur événement (mettant en scène le bloc musulman contre le bloc occidental) pour en tirer une puissante illustration de sa lecture des relations internationales.

Rappelons que ce fut le premier événement à avoir été médiatisé à 360 degrés (TV, radio, presse, Web), sans oublier le rôle de la téléphonie mobile qui, en enregistrant les dernières minutes de conversations des victimes avec leurs proches, a eu pour rôle d’accentuer une dramaturgie vécue planétairement.

Passés le moment de stupeur et le choc émotionnel de ces attaques sur le sol américain, nous nous sommes progressivement rendu compte qu’Al Qaida n’avait jamais représenté un bloc culturel dans lequel se référaient les musulmans de toutes les contrées du monde. L’idée était d’autant plus saugrenue que, comme le rappelle Gilles Kepel, Al Qaida a peu à peu non seulement perdu les masses arabes mais surtout incarné l’échec de l’islam politique. Les révolutions arabes du printemps 2011 ont confirmé ces analyses.

Mohammed Colin le Jeudi 1 Septembre 2011


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Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces dysfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.