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Salamnews

Salamnews n°80 - JUIN-JUILLET-AOUT 2022


 ACTUALITÉ 
- Alerte sur les fermetures inexpliquées de comptes bancaires de mosquées
- Quelle date pour l’Aïd al-Adha 1443/2022 ?
- Un guide pratique destinée aux associations exerçant le culte musulman

 HORIZONS 
-Nouvelle méthode présidentielle : entre la technocratie et le populisme, il existe une 3e voie, celle de l’intelligence collective

 FOCUS Spécial CINÉMA FRANÇAIS:  
- Le cinéma français secoué par les plateformes, le pluralisme gagnant
- La culture, un atout diplomatique «Diversité», le terme tendance devenu un piège à cons
- L’école, le lieu des accidents heureux
- L’Adrénaline, un film immersif sur le cross-bitume et plus encore

 RELIGION  
- La révolution du hajj en marche
 
 TÊTE D’AFFICHE  
- Sania Halifa :  « Je dis aux jeunes de ma génération que tout est possible !»

 CULTURE  
- L’émir Abdelkader à l’honneur
- Le comeback surprise de Diam’s
- Les enseignements spirituels tirés de la pandémie
 
 DE VOUS A NOUS 
- Détruire ou changer






Edito

L’arroseur arrosé !

Mohammed Colin - 28/06/2022
Dans ce numéro estival, nous abordons deux sujets d’importance qui n’ont strictement rien à voir l’un et l’autre : l’audiovisuel et le pèlerinage à La Mecque. Deux secteurs si éloignés, si différents, mais confrontés à la même problématique, celle de la transformation numérique de nos sociétés. Par le passé, la filière du pèlerinage était structurée par des intermédiaires. Dans l’organisation du hajj, les voyagistes captaient jusque-là la valeur, non sans défaillances pour certains sur la qualité et les engagements dus aux pèlerins. Saphirnews.com fut dès 2004 le premier site d’information à alerter sur ces disfonctionnements. Des organisations se sont alors créées, œuvrant à éduquer les pèlerins sur leurs droits et les voyagistes sur leurs devoirs. Depuis peu, l’Arabie Saoudite a lancé sa plateforme numérique pour se lier directement aux pèlerins, suscitant de terribles inquiétudes chez les voyagistes, exclus de fait de la chaine de valeur. Ils n’ont pas manqué de se plaindre au nom des intérêts du pèlerin. Le plus comique, c’est que les griefs formulés sont les mêmes que ceux exprimés par les pèlerins à leur encontre en 2004. Dans le milieu du cinéma, le schéma est identique. Les plateformes de streaming, devenus aussi producteurs, ont accès directement au public et sont en mesure de se passer des exploitants de cinéma. Maintenant en position de faiblesse, ces derniers larmoient à leur tour sur le danger de la suprématie des « affreuses » plateformes avec, pour risque principal selon eux, de porter atteinte à la diversité du cinéma alors qu’eux-mêmes bloquaient la production de certains films pour éviter les publics ne consommant ni sodas ni pop-corn, dixit « les têtes à capuche ». Les séries type Lupin de Netflix et Oussekine de Disney+ nous démontrent l’inverse. Ceux qui ont largement profité des situations de rente auraient pu investir en créant des écosystèmes vertueux. Finalement, dans le business comme dans la foi, il y a divers degrés d’élévation. Il faut croire que celui qui domine chez les intermédiaires, c’est celui de la « foi du commerçant ». L’étage le plus bas.